Ecrire, c’est facile

Les méthodiques choisiront un sujet, une forme, un rythme à compter sur les doigts.
Les intuitifs auront une approche pragmatique. Ils attendent l’idée, l’intuition, le concept inédit. Puis ils explorent -ils s’explorent. Et ramèneront l’or ou le feu de leurs cheminements. Pour autant qu’elle soit libre dans la forme, leur poésie ne l’est pas dans le choix de l’argument; il s’impose, il s’invente indépendamment de la volonté.

Pour premier genre, la précise méthodologie n’enlève rien au travail à fournir, seule garante d’un résultat prosodiquement impeccable.
Mais la métrique, le pas de l’oie m’ont toujours emmerdés.

Ecrire, c’est facile. N’importe qui peut s’évader dans sa propre psyché, en tâter les structures, dire sa vision des choses. Du point de vue de soi, tout est magnifiquement clair, même les écrits les plus ésotériques.

Ecrire, c’est facile. Il y a fort à parier qu’il se publie plus de recueils de poésie qu’il ne puisse s’en lire. Chacun y va de son refrain. Oui, écrire, c’est facile. Chacun peut écrire un, des poèmes. Pour certains, un dictionnaire de rime suffira. Pour d’autres, une sévère introspection.

Ecrire, c’est facile. Mais lire…

Facile de creuser dans ses propres méandres. C’est une autre histoire que de s’évader dans ceux d’un autre. Comme une invitation impossible à honorer.

Alors on maudit parfois le poète. Pas parce qu’on ne l’aime pas: Mais la vision qui lui a été accordée n’est pas explicable; ou si elle l’est, l’est de façon morcelée, parcellaire, tronquée, amputée. Il est maudit par l’absence de transmission, une sorte d’incompétence à décrire. L’autre ne voit qu’amnésie.

Parce que l’autre n’est pas lui, et chaque pensée est pétrie des souvenirs de notre vie. Notre seule propre vie. Nos vies sont des chemins qui se croisent, s’accompagnent parfois. Elle ne sont pas confondues.
Il y a des cas où deux mondes resteront à jamais étrangers.

Lire est l’épreuve de force que peu sont en mesure d’accomplir. Il s’agit de marcher sur la trace d’un autre, de voir par ses yeux, de vibrer par ses fibres.
C’est s’oublier, s’oublier. C’est un risque. C’est une aptitude rare. Cela demande une empathie totale, sans filet.
C’est un chemin de croix.

Solitude.
Celle d’être seul à saisir ce que le l’œil, à l’intérieur, voit.

Ami, tu m’ouvres la porte
Là, sur la table, est le ruban dénoué de ton amour d’enfant
moi je ne vois que les miettes
d’un repas inachevé

Pardonne-moi de n’être pas toi.
Pardonne-moi d’avoir cru pouvoit t’entendre.
Peut-être nos esprits sont un dans les hautes sphères, peut-être
et là, si près du sol, la gravité encore nous tient en servitude.

21 décembre 2013

Révise le 12 novembre 2016

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