Pensées inutiles 2011-2012

Un homme me propose de lui racheter son bonheur tout neuf. Car, me dit-il : « Je ne m’y fais décidément pas. »

Je cherche un guide, tout en sachant pertinemment que je ne le suivrai pas.

Penser. Quelle plaie !
….

On me dit « Bonjour ».  Menteur !

Avant de vouloir être heureux, il serait intéressant de se demander pourquoi on veut l’être. Nous remplacerions ainsi le dépit par une interrogation, et serions préoccupés par autre chose que nos larmes.

Trois cafés, une poignée de cigarettes, deux semblants de poèmes : Une journée gâchée de plus.

Tu penses bien que si mes poèmes étaient réellement précieux, je les garderais pour moi. Mieux : J’en ferais commerce.

Inutile de maudire un poète ; il s’en est convaincu lui-même, et se désapprouve à chaque instant. Ainsi on voit un juge prononcer à sa propre encontre un verdict sans appel.

Existe-t-il sérieusement des choses autres que palpables ? J’ai beau imaginer un succulent rôti, la vacuité de mon estomac ridiculise l’esprit.

Il y a des choses tristes, et des choses gaies. Que serait leur absence ? Partout, des choses obstacles à la sérénité.

Comme l’esprit semble tout-puissant tant que l’on n’éprouve la dérisoire longueur du bras. Et la main reste vide, vaincue par quelques malheureux centimètres.

Autrefois je me couchais pour imaginer ce que je ferai au réveil. Maintenant, je m’endors pour rêver de n’avoir plus rien à faire.

Facétieux, le directeur de la prison pour femmes avait inscrit sur la porte : “Entrée libre”.

Les poux ont certainement, eux aussi, des préoccupations d’ordre hygiénique.

GSM, WiFi, 3G, et autres protocoles de communication. Sans fils. Mais des chaînes.

Des éoliennes? Vous trouvez qu’il n’y a pas assez de vent ici?

Ici repose. Il nous l’avait bien dit qu’il était fatigué.

Et le cœur, las de battre toujours le même sang, décida de prendre quelques jours de repos. S’ensuivit un immense soupir.

Je marchais avec mon ami l’œuf. Traîtrise du pavé humide! Nous eûmes une omelette.

Pendant que sa femme mourrait d’un cancer, il défroissait sa cravate.

Ridicules, ces mouches qui se battent pour un étron nouveau.

Hommes ou bêtes, tous finiront dans le même sac.

Elle est tellement sensible.. pensez donc: Quand une pensée l’effleure, elle sursaute.

Tellement fainéant que penser lui fait mal.

Tous ces chagrins ravalés.. Un jour, distrait, alors qu’il dérangeait un oignon, s’est ouvert une brèche, et il s’est ennoyé.

Quand tu traverses, le but, c’est d’aller en face pas d’abîmer un capot.

C’est pour gagner sa croûte que sue le boulanger

Quand je ne fais rien, j’ai l’impression d’être quelque chose

Quand j’aurai des plis sur le ventre j’apprendrai à repasser

J’attends toujours d’être à sec pour trouver du liquide.

Dans mes yeux j’ai des épingles à pointer tout ce qui bouge. Venez, papillons.

Donnez-lui un stylo et il se croit poète; donnez-lui un fusil et il joue au soldat; donnez-lui une corde et le voila pendu… C’est l’objet qui fait l’homme

Tous ces cendriers que j’ai remplis, un jour, m’en fera-t-on l’hommage ?

C’est pas le temps qui manque mais l’endroit où le stocker

Mon boucher est un homme sympathique. Le bœuf ne partage pas cet avis.

Le pain ? On l’exige tout chaud du boulanger, pour le précipiter au congélateur.

Ne voyez rien de personnel dans la rage du tigre qui vous déchire. Cessez donc cette paranoïa.

Un pommier sauvage n’a jamais agressé personne.

Elle sent tellement bon, cette fille, qu’au jardin les roses la griffent.

Vous pensez ? Faut-il que vous soyez désœuvré.

Facile de nous reprocher nos guerres. Mais que ferions-nous de tous ces fusils neufs ?

Quoi de plus lamentable qu’une télécommande en panne ?

Si le stylo est l’arme du poète, la feuille est son champ de bataille.

La voiture est l’emplacement idéal pour surveiller le feu rouge, l’index dans la narine, en pensant aux fesses de sa voisine.

Il était tellement distrait qu’il a perdu l’esprit.

Le lave-vaisselle, c’est pour que ma femme ait plus de temps pour repasser mes chemises.

Les enfants sont l’épée sublime qui nous perce le cœur.

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