Il n’est pas seul

Non, il n’est pas seul.

Il y a encore cette télévision où le brouillard dessine les personnes auxquels il pense et dont l’image se forme quand, les yeux fixes, il regarde l’écran des heures entières; il y a ces fleurs en plastique dans le pot près de la fenêtre, sur lesquelles il souffle parfois pour en ôter la poussière. L’eau se fait rare.

Il y a ces voitures immobiles dont les pots ne fument plus, car le ralenti a bu toute l’essence aux feux dont certains clignotent encore -mais pour combien de temps ?

Il y a ces explosions au loin, ces usines dont le cœur bat en roue libre, et qui s’emballent parfois, et irisent le couchant d’une gerbe d’étincelles qui paraissent ne pas vouloir s’éteindre.

Il y a ces livres, quand il va les chercher à la bibliothèque municipale. C’est lui qui a brisé la vitre. Les employés, momifiés, le regardent passer sans un battement de cils.

Non, il n’est pas seul. Il y a cette maladie qui rôde et qui a tout tué, les hommes et les bêtes, les herbes et les arbres, mais pas lui.

Juillet 2012

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